Utilize este identificador para referenciar este registo: http://hdl.handle.net/10400.12/1644
Título: Le passage à l'acte meurtrier dans Ies organisations psychotiques et non-psychotiques: Etude des significations à travers l'interaction des facteurs intrapsychique, intersubjectif et moral
Autor: Hirschelmann-Ambrosi, Astrid
Orientador: Sztulman, Henri
Data de Defesa: 1999
Editora: Université de Toulouse Le Miral
Resumo: La présente recherche s'intéresse au phénomène criminel et trouve son origine dans un double constat ; d'un côté, celui d'une varlabilité des significations que prend un même type d’acte et de 1'autre, celui d’une varlabilité des effets de la causalité interne, et plus précisément des processus psychiques des sujets criminels. S'en dégage alors clairement 1'idée d'une dynamique interne qui, pour être mise empiriquement en évidence, demande de rompre avec une lecture linéaire hypothético-déductive, représentative des approches déterministes du phénomène criminel. Essayant également de parer à une simple juxtaposition de facteurs étiologiques, cette recherche privilégie la conception du sujet en situation, conception selon laquelle 1'acte et son auteur sont reliés entre eux et forment un ensemble complexe organisé ou un réseau de facteurs interdépendants. Ce dernier reflète la réalité interne du sujet qui, en cas de crime, se heurte à la réalité externe de la loi le sanctionnant et de la société exigeant réparation. Cela dit, 1'étude du fait criminel suppose de tenir compte de trois dimensions : psychologique, juridique et soclale, non seulement en ce qu’elles exercent une influence indénlable sur le sujet et son positionnement vis-à-vis de son acte, mais aussi en ce qu'elles justifient l’intervention du psychologue qui répond à une double demande ; d'un côté, celle du sujet criminel et de l’autre, vla la prise en charge thérapeutique, celle de la prévention, souci de la société. Si nous récusons 1'idée stigmatisante que le fait criminel s'explique par une lecture directe du fait psychopathologique, nous nous attachons néanmoins au lien entre la réalité qui fonde l’intervention de la justice, et le mental - avec les anomalies des processus narcissiques et identificatoires, relationnels et surmoïques - qui spécifie le domaine de la psycho(patho)logie. Nous avons choisi d'aborder cette question dans le cadre précis de la psychose et de la non-psychose, choix motive par les critères d'accessibilité et d'inaccessibilité à la sanction pénale. Pensant que la situation judiclaire n'est pas sans influencer le positionnement, en terme de responsabilisation du sujet vis-à-vis de son acte, le symptôme n'a ici pas de valeur causale, mais détermine la portée clinique du passage à l’acte. Bien que les recherches criminologiques ne s’intéressent que rarement aux motivations, buts et conditions de l’acte lui-même, les typologies de M. Bénézech (1994, 1997) et J. Pinatel (1975) ainsi que le modèle psychanalytique de la violence fondamemale de J. Bergeret (1972. 1981, 1984, 1994: 1995, 1997) dégagent différents indicateurs, signiflant le passage à 1'acte selon une graduation depuis le crime violent ou primitif, vla !e crime utilitaire et pseudo-justicier jusqu’au crime organisé. En cherchant à relier 1'acte ainsi signifié à 1'auteur du crime, nous nous appuyons sur les approches psychanalytiques, et essentiellement sur les contributions de B. Gibello (1977) et H. Duncker (1995, à paraitre) qui nous ont permis de définir trois axes principaux transcendant notre recherche et établissant le pont théorique entre la réalité externe socio-juridique et interne psychique du sujet criminel; 1. Les réalités psychologique, soclale, et juridique se repercutem sur le psychisme, s'intriquent, et trouvent leur équivalent dans le vecteur intrapsychique (le narcissisme). le vecteur intersubjectif (la relation d'objet) et le vecteur (du jugement) moral. 2. Les limites entre les deux niveaux d'analyse sont mouvantes, en harmonie ou au contraire, répondent à des exigences opposées et créent ainsi un écart au sein duquel l’acte criminel trouve sa place. 3. Outre la lecture transversale, les trois dimensions s'articulent à un niveau horizontal selon des lois précises et une dynamique propre. Concrètement, dans la réalité extérieure soclale, cette articulation détermine 1'appréclation de 1'acte criminel et la nature des interventions auprès de son auteur, tandis que dans la réalité intérieure psychique du sujet criminel, elle oriente le passage à 1'acte et lui confère sa signification particulière. Dans le psychisme, cette interaction est pourvue d'une directivité déterminée par les processus de maturation et de régression psychiques. Nous y fondons l’idée du continuum psychogénétique de ces différents aspects. Sur la base de ces réflexions initiales, 1'objectif de notre recherche est d'explorer 1'influence de La variabilité des divers processus (intrapsychique, intersubjectif et moral) sur La variabilité des significations du passage à 1'acte criminel, en examinant l’effet en termes de qualité et de niveau développemental de 1'articulation des processus psychiques sur La nature de La signification de 1'acte. Depuis 1'approche psychopathologique, nous formulons 1'hypothèse selon laquelle chez les sujet psychotiques et non-psychotiques, La signification du passage à 1'acte criminel meurtrier varie en fonction de sa causalité interne et plus précisément, en fonction de 1'articulation des trois vecteurs : intrapsychique, intersubjectif et moral. Notre population de recherche est composée de 60 sujets, répartis en trois groupes relativement homogènes. Le premier groupe compte 21 détenus, rencontrés en Centre Pénitentiaire et à l’Etablissement de Santé National de Fresnes, ayant commis un homicide volontaire ou une tentative d'homicide et reconnus pénalement responsables selonl’article121 -3 ou -4 du Code pénal. Le deuxième groupe comprend 18 sujets psychotiques ayant commis le même type d'acte, mais jugés pénalement irresponsables au sens des articles 64 du Code pénal ou 122 -1 ou -2 du nouveau Code pénal. Conformément à ces articles, ces sujets ont « bénéficie » d'un non-lieu. Nous les avons rencontrés en Unité pour Malades Difficiles. En ce qui concerne 1'acte, il pouvait s5agir d'un acte unique ou d'une récidive faisant dans un même temps une ou plusieurs victimes. Nous avons exclu les crimes faisant intervenir de façon concomitante une agression sexuelle. Le troisième et dernier groupe servant de contrôle est composé de 21 sujets sans antécédents psychiatriques ni judiciaires connus. Notre problématique de recherche mettant en jeu différentes variables, nous avons opté pour quatre outils méthodologiques complémentaires et par leur champ de référence scientifique et par leur champ d'application. La causalité interne ou l'articulation des trois vecteurs intrapsychique. intersubjectif et moral est évaluée à partir de : l’Inventaire du Narcissisme de F.W. Deneke et B. Hilgenstock (1989), traduit et valide en français par A. Ambrosi, G. Brandibas et H. Sztulman (à paraítre) et nous permettant d'examiner le vecteur intrapsychique en terme de régulation narcissique ; le Repertory-Grid Test adapte à partir de G.A. Kelly (1955) et J.W. Scheer et A. Catina (1993), mettant en évidence La qualité de La relation d'objet et opérationnalisant le vecteur intersubjectif; et fmalement l’Entretien du Jugement Moral de L. Kohlberg (à partir de Colby et Kohlberg, 1987) dégageant les différents niveaux du vecteur moral. La signification de L’acte est recherchée au moyen d'un entretien structuré s'inspirant des entretiens d'expertise et plus précisément, du Questionnaire d’Investigation Clinique Pour les Auteurs d'« Agressions Sexuelles » (OJ.C.P.A.A.S) mis au point par C. Balier (1997) auquel nous avons ôté les questions portant sur les habitudes et désirs sexuels en rapport plus ou moins direct avec 1'acte. Il a fait l’objet d'une première analyse structurale par le logiciel ALCESTE (Reinert, 1986) qui a été approfondie et complétée par une analyse clinique du contenu. L'analyse des résultats est organisée en fonction des variables examinées et révèle chez le groupe de détenus non-psychotiques un niveau d'évolution moyen des trois vecteurs compare à celui des deux autres groupes. Ceci témoigne d'une stabilité relative de son système psychique, toujours menacé par des stimulations externes qu'il ne peut intégrer de manière cohérente. Concernant le jugement moral, les détenus disposent d'un système de règles particulièrement sévères sans être forcément en accord avec celui de La société d'une manière générale. Celui-ci met à jour une conscience relativement primitive du devoir social à visée essentiellement utilitaire. Le sujet cherchant dans 1'obéissance 1'approbation d'autrui, ce mode de fonctionnement se traduit au niveau relationnel par une trop forte dépendance à un idéal réel ou fantasmatique trop exigeant pour pouvoir être atteint et qui met en question le processus d'individuation. La rigidité de caractère significative des détenus témoigne d’une fragilité narcissique, essentiellement liée à une absence ou un déséquilibre des assises identificatoires intrafamiliales. Il en résulte un rapport de force avec une autorité, notamment le juge, le père, le directeur de La prison, le surveillant, le gang adverse..., qui sont perçus souvent d:une manière particulièrement négative. En revanche, dans ses relations affectives ou amoureuses. il crée un lien de type anaclitique et se rend par là même dépendant d’un objet sur lequel il prend appui pour renforcer son image narcissique. Ce type de relation, particulièrement destructrice en cas de déception par l’objet, pousse le sujet au crime passionnel. Alors que les sujets du groupe de contrôle révèlent un équilibre au niveau des trois vecteurs qui leur permet d'organiser des mécanismes de défense adaptes et proportionnels à l’agression narcissique, le détenu au contraire, vit une escalade émotionnelle, faite de souffrance, de désespoir ou de haine qui menace 1'intégrité du système psychique et qui peut générer un sentiment de persécution par 1'autre. Le geste vécu dans un premier temps comme libérateur peut dans un second temps, céder La place à une douleur liée à La culpabilité, ou plus primitivement, au regret et à La honte. Or, seul d'un sentiment de culpabilité authentique émerge une demande thérapeutique allant de pair avec une responsabilisation vis-à-vis de 1'acte. En ce qui concerne le groupe des psychotiques, nous constatons une faiblesse au niveau des trois vecteurs psychiques. Contrairement aux détenus qui ont plutôt une vision dogmatique du monde, nous pourrions dire que les psychotiques, notamment les schizophrènes, structurent leur monde relationnel d'une façon excessivement empirique, ce qui rend toute anticipation ou adaptation à une situation nouvelle, a fortiori quand elle est douloureuse, impossible. Leur système moïque est constamment menace d'effondrement. L'archaïcité et l’enfermement dans un monde narcissique primitif, ou 1'autre indifférencié et de ce fait incompréhensible rajoute encore au morcellement, explique l’impulsivité de 1'acte ainsi que le type d'acte, à savoir aussi bien le parricide que le crime contre une personne inconnue à caractères, soit primitif et en apparence immotivé ou utilitaire, soit pseudo-justicier, représentatif entre autres de La paranoïa. Dans ce dernier cas de figure, 1'acte dirige contre un persécuteur préalablement identifié, ne vise néanmoins pas un autre avec une identité propre, mais le vécu flou d'une menace venue de l'extérieur et « personnifiée » par La victime. Vivant 1'acte comme libérateur d’un poids aliénant, il est rare que le sujet psychotique éprouve un sentiment de culpabilité ou de regret. Le jugement moral diffère en fonction des capacites intellectuetles du sujet. Plus il fait preuve de capacités d'élaboration, plus le jugement moral tend vers des principes moraux abstraits. Les réponses données semblent néanmoins davantage correspondre à La restitution de règles de conduites enseignées et récompensées par La famille et l’institution qu'à un niveau réel de développement moral. En ce sens, suivant le degré d'implication dans une situation et le danger qu’elle peut entrainer sur un plan narcissique, jugements moraux verbaux et conduites pratiques ne vont pas forcément de pair. Ce genre de rapport à La réalité permet non seulement de cerner les failles surmoïques, mais aussi d'avancer des réserves sur 1'évitemem d'une récidive. Ces résultats confortent 1'argument selon lequel il existe une variabilité des significations en fonction d'une variabilité des vecteurs (intrapsychique, intersubjectif et moral). Ainsi s'ouvre La discussion sur deux questions capitales : d'un côté, celle de La prise en charge thérapeutique abordant 1'acte dans La dimension du sujet et contribuant ainsi indirectement à la prévention et de L’autre, celle de l'évaluation de la dangerosité. D:un point de vue psychogénétique, que 1'on soit confronté à un moi psychotique construit de façon archaïque et confuse ou à un cas de régression comme chez la plupart des non-psychotiques, La thérapie visera toujours à amener le sujet à La phase dépressive, dans laquelle il abandonne le clivage, la magie des gestes ou des mots, bref sa toute-puissance narcissique, par l’intermédiaire de 1'identification à 1'agresseur, constitutive d'un surmoi altruiste. Pour le psychotique, le rôle du cadre institutionnel hospitalier est important, dans la mesure ou sa stabilité et contenance remplissent pour le sujet une fonction de pare-excitation (Balier, 1988). Chez les détenus, La démarche diffère en ce sens ou nous ne sommes pas en présence d'une archaicité des trois vecteurs, mais d'une régression spontanée de durée et d'importance variables. Cette dernière varie essentiellement en fonction de La nature et du moment de survenue d:un traumatisme, réactive au moment de 1'acte. J. Bergeret (1994) insiste sur le fait que La thérapie facilite La réparation narcissique, relationnelle ou morale pour remédier à une liaison perverse et destructrice des pulsions. Ces dernières doivent être reliées à d'autres finalités plus positives et créatives tout en remédiant au problème de La culpabilité naissante qui, en en cas de régression dépressive et si elle n'est pas signifiée, risque d'être plus destructurante que cathartique pour le sujet. En conclusion, il reste donc un dire non-avenu (Vlaux, 1996) que nous pouvons constater autant chez les psychotiques que chez les détenus et qui non seulement les délie de 1'acte, mais entrave aussi La ré-humanisation de 1'acte dans 1'aprés-coup. Dans La plupart des cas, le sujet est amené à projeter La cause à l’extérieur comme n'émanant pas de lui et dénie ainsi son acte ou n'en reconnait qu'une responsabilité partielle. Ce clivage risque d’accentuer La régression et La dépersonnalisation au détriment d'une reconstruction ou d'un remaniement psychiques, qui ne peuvent être atteints que si le sujet reconnait son acte comme lui appartenant et comme porteur d'un sens qu'il lui reste à trouver. ------ ABSTRACT ------- The present research addresses the criminal phenomenon and originates from a dual observation: on the one hand the variability of significances brought into play by a same type of act and on the other the variability of the effects of internal causality, and more precisely of the psychic processes of criminal subjects. This more clearly brings to light the idea of an internal dynamic drive, if it is to be empirically made evident, we must break away from a linear, hypothetical and deductive interpretation which is representative of determinist approaches to the criminal phenomenon. Our research also attempts to avoid simple juxtaposition of etiological factors and so gives an important place to the concept of the subject m situation, according to which the act and its author are linked and form an organized complex unit or a network of interdependent factors. The latter reflects the internal reality of the subject who, if a crime has been committed, comes into conflict with the external reality of the law, which penalizes him, and with society, which demands redress. Having said this, to study the criminal act three dimensions must be taken into account: psychological, legal and social. This is not only because they exercise an undeniable influence on the subject and the position he adopts in relation to the act he has committed, but also because they justify the intervention of the psychologist who responds to a dual demand: on the one hand that of the criminal subject and on the other hand, through treatment and management, the demand for prevention which preoccupies society. While we refuse the stigmatizing notion that the criminal act can be explained by direct interpretation of the pathopsychological situation, we nevertheless remain attached to the link between reality which underlies the intervention of justice, and the mental sphere - with anomalies of the narcissistic, identification, relational and superego processes - which indicate this is the domain of (patho)psychology. We have chosen to approach this question within the precise framework of psychosis and non-psychosis, a choice motivated by criteria of liability or non-liability to penal sanctions. Considering that the legal situation is not without influence on the position in terms of responsibilization of the individual towards his act, here the symptom has no causal value but determines the clinical range and scope of acting out. Although research in criminology only rarely addresses the motivations, aims and conditions of the act itself, the typologies of Bénézech (1994, 1997) and Pinatel (1975), together with the psychoanalytical model of fundamental violence of Bergeret (1972, 1981, 1984, 1994, 1995, 1997) bring to light various indicators, signifying acting out on a continuum from violent or primitive crime through utilitarian, pseudo-retributive crime to organized crime. In our attempt to relate the act thus signified with the author of the crime, we have taken psychoanalytic approaches as a basis, essentially the contributions of Gibello (1977) and Duncker (1995, in press). These have enabled us to define three main axes which transcend our research and establish a theoretical bridge between the external social and legal reality and the internal psychic reality of the criminal subject; 1- The psychological, social and legal realities have repercussions on the psyche, are interlinked, and find their equivalent in the intrapsychic vector (narcissism), the intersubjective vector (the object relationship) and the moral vector (of judgment). 2, The limits between the two levels of analysis are shifting ones, they may be in harmony or may on the contrary respond to divergent demands, creating a rift which nurtures the criminal act. 3. As well as having a transversal interpretation, the three dimensions articulate on a horizontal level, obeying precise laws and their own dynamic drive. Concretely, in the external social reality, this articulation determines the appraisal of the criminal act and the nature of the steps taken towards its author, while in the internal psychic reality of the criminal subject it directs acting out and gives it its particular significance. In the psyche, the directivity of this interaction is determined by the processes of psychic maturation and regression, This is the basis of our idea of the psychogenetic continuum of these various aspects. Based on these initial reflections, our research aims to explore the influence of the variability of the intrapsychic, intersubjective and moral processes on the variability of the significances of criminal acting out by examining the effect in terms of quality and developmental level of the articulation of the psychic processes on the nature of the significance of the act, Taking the pathopsychological approach, we hypothesize that in psychotic and non-psychotic subjects the significance of homicidal acting out varies according to its internal causality and more precisely according to the articulation of the three vectors: intrapsychic, intersubjective and moral. Our research population consisted of 60 subjects divided into three relatively homogeneous groups. The first group was composed of 21 prisoners who were seen at the sanitary sector and prison of Fresnes. They had committed murder or attempted murder and were considered criminally responsible under article 121 - 3 or - 4 of the Penal Code. The second group was composed of 18 psychotic subjects who had committed the same type of act but who had been considered not criminally responsible under article 64 of the Penal Code or articles 122 - 1 or - 2 of the new Penal Code. These subjects had been granted a discharge under these articles. They were seen in the Unit for Difficult Patients. Their act was either isolated or a recidivistic offense claiming a single or several simultaneous victims. We excluded crimes with an element of sexual aggression. The third and last group consisted of 23 control subjects with no known psychiatric history or criminal record. As our research problematic involved different variables, we decided to use four methodological tools which were complementary both by their scientific field of reference and their field of application. The internal causality or articulation of the three vectors, intrapsychic, intersubjective and moral, was evaluated using the following: the Inventaire du Narcissisme of Deneke and Hilgenstock (1989), translated and validated in French by Ambrosi, Brandibas and Sztulman (in press); which enabled us to examine the intrapsychic vector in terms of narcissistic regulation; the Repertory Grid Test , adapted from Kelly (1955) and Scheer and Catina (1993), which assessed the quality of the object relation and operationalized the intersubjective vector; and lastly Kohlberg's Entretien du Jugement Moral (adapted from Colby and Kohlberg, 1987) which revealed the various levels of the moral vector. The significance of the act was examined by a structured interview based on those used in expert appraisals and in particular the Questionnaire d'Investigation Clinique pour les Auteurs d’Agressions Sexuelles " (O.I.C.P.A.A.S) developed by Balier (1997), from which we omitted the questions on sexual desires and habits more or less directly related to the act. The questionnaire underwent preliminary structural analysis using the ALCESTE program (Reinert, 1986) which was continued and completed by clinical analysis of its content. Analysis of the results was organized according to the variables examined. ít showed that in the non-psychotic prisoners the mean level of development of the three vectors was similar to that of the two other groups. This indicated relative stability of their psychic system. constantly threatened by external stimuli which they cannot coherently integrate. Concerning moral judgment, the prisoners had a particularly severe system of rules which is not necessarily in agreement with that of society in general. This system of rules reveals a relatively primitive awareness of social duty and its aim is essentlally utilitarian. This mode of functioning, seeking in obedience the approval of others, is reflected on a relational level as excessive dependence on a real or fantasmatic ideal which is too demanding to be met and which calls into question the process of individuation. The significant rigidity of the character of the prisoners indicates narcissistic fragility, essentially related to absence or imbalance of intrafamilial foundations of identification. This results in a power struggle with authority, in particular the judge, father, prison director, warden or enemy gang..., who are often perceived in a particularly negative manner. On the other hand, in emotional or romantic relationships the prisoner creates an anaclitic type of link and thus makes himself dependent on an object to which he looks for support to reinforce his narcissistic image. This type of relationship, particularly destructive if the object is a source of disappointment, incites the subject to a crime of passion. Whereas the three vectors were balanced in the control group subjects who can thus organize defense mechanisms which are adapted and proportionate to the narcissistic aggression, the prisoner on the contrary experiences an emotional build-up of suffering, despair and hate which threatens the integrity of the psychic system and which may generate a feeling of persecution by the other. The act, which is first perceived as liberating, may secondarily give place to pain related to guilt or more primitively to regret and shame. Only a genuine feeling of guilt will lead to a request for treatment accompanying a sense of responsibility concerning the act. In the group of psychotics, we observed weakness of the three psychic vectors. Unlike the prisoners, who tended to have a dogmatic vision of the world, we could say that the psychotic subjects, the schizophrenics in particular, structure their relational world in an excessively empirical fashion. This makes anticipation or adaptation to a new situation impossible, a fortiori if it is a painful one. Their ego system is constantly threatened with collapse. Archaicity and enclosure in a primitive narcissistic world, in which the other is undifferentiated and thus incomprehensible, further increases fragmentation and accounts for the impulsiveness of the act as well as the type of act. This may be parricide or a crime committed against a person unknown; it may be primitive and apparently lacking in motive or it may be pseudo-retributive and representative, among other states, of paranoia. In the latter instance, although the act is directed against a previously identified persecutor, it is not aimed against another who has his own identity but against a vague experience of an external threat "personified" by the victim. The psychotic subject experiences the act as freeing him from an alienating burden and rarely feels guilt or regret. The moral judgment varies according to the intellectual capacities of the subject. The greater his capacity for elaboration, the more the moral judgment will tend towards abstract moral principles. The answers given seem nevertheless to correspond to mere recital of rules of conduct taught and rewarded by family and institution rather than to a true level of moral development. In this sense, depending on the degree of involvement in a situation and the danger to which it may lead on a narcissistic level, moral judgments verbally expressed and conduct in practice are not necessarily in accordance. This type of relation to reality makes it possible not only to determine the flaws in the superego but also to make reservations as to avoidance of a relapse. These results support the argument according to which significances vary as a function of the variability of the intrapsychic, intersubjective and moral vectors. This opens the discussion concerning two capital questions: on the one hand, that of treatment and management, approaching the act in the subjects dimension and thus indirectly contributing to prevention, and on the other hand that of assessing the potential for dangerousness. From a psychogenetic point of view, whether we are faced with a psychotic ego constructed in a confused and archaic manner or with a case of regression as in the majority of non-psychotic subjects, therapy will always aim to bring the subject to the depressive phase. In this phase he abandons splitting, the magic of gestures or words, in short, his narcissistic all-powerfulness, through identification with the aggressor who constitutes an altruistic superego. For the psychotic subject, the institutional setting of the hospital has an important role as its stability and holding environment enable it to act as a protecting shield for him (Balier, 1988). With prisoners, the process differs in that we are not in presence of archaism of the three vectors but of spontaneous regression of variable duration and degree. The latter varies essentially as a function of the nature and time of occurrence of a trauma which is reactivated when the act is carried out. Bergeret (1994) stressed that therapy can facility moral, relational or narcissistic repair of a relation which is perverse and destructive of impulses. The latter must be placed in relation with other more positive and creative objectives, while remedying the problem of incipient guilt. This, in the case of depressive regression and if it is not signified, may well be more destructuring than cathartic for the patient. In conclusion, there remains a void utterance ("dire non-avenu ", Vlaux. 1990) which we observed equally in psychotics and in prisoners, which not only releases them from the act they have committed but also hinders its subsequent re-humanization. In most cases, the subject comes to externalize the cause as if it did not emanate from him; he thus disclaims his act or admits only partial responsibility. This cleavage may well accentuate regression and depersonalization to the detriment of psychic reorganization or reconstruction. These can only be attained if the subject recognizes his act as belonging to him and as carrying a sense which remains to be signified.
Descrição: Tese de Doutoramento em Psicologia, especialidade em Psicopatologia, apresentada À Université Toulouse Le Miral
URI: http://hdl.handle.net/10400.12/1644
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